Lost in Management

Mieux comprendre le management et l'entreprise grâce à la littérature et à la philosophie: décoder le langage de l'entreprise, décortiquer les techniques de management, décrypter le jargon des managers, bref se repérer dans les arcanes de l'entreprise.

26 août 2007

Paris: atouts et ambitions d'une capitale touristique

Pour clôturer une année riche en manifestations, HEC Tourisme a organisé une soirée exceptionnelle autour d’un dîner-croisière et en a profité pour faire le point sur Paris, capitale touristique, avec Paul Roll, Directeur Général de l’Office de Tourisme de Paris (www.parisinfo.com) qui nous a présenté les atouts et les ambitions de la ville de Paris.

Atouts de Paris

Seules 2 villes aujourd’hui peuvent rivaliser avec Paris, la ville touristique par excellence: Londres et New York. Demain, Shanghaï ou Bombay viendront peut-être disputer ce leadership. Le tourisme est le premier employeur de la ville avec 146.000 personnes travaillant de cette activité. Ce secteur représente 12 % des emplois directs et 20% des emplois indirects. Les atouts de Paris sont connus et nombreux : restaurants, musées, sites historiques et culturels, sans parler d’une large gamme d’hôtels, dont près de 60% (soit 1450 hôtels) comptent moins de 50 chambres !

Le tourisme d’affaires est très dynamique et, depuis 1980, Paris est la 1ère ville de congrès au niveau mondial. Le tourisme de loisir se porte bien également : Paris a accueilli un peu plus de 40 millions de visiteurs en 2006. Cependant, Paris souffre d’un décalage d’image. D’après une récente enquête réalisée auprès des touristes sur l’attractivité de 52 villes, Paris est la 1ère ville que les touristes souhaitent visiter, la 2ème ville pour faire ses études mais elle est classée … dernière pour son accueil. Dans le même temps, 86% des touristes parisiens se déclarent contents de leur séjour dans la capitale française et 97% expriment le souhait de revenir.  Attention, donc de ne pas décevoir les attentes !

Défis de Paris pour 2020

Paris véhicule clairement aujourd’hui une image dynamique (Paris Plage, Nuit Blanche, offre culturelle variée,…) et, avec Air France comme compagnie aérienne organisée autour de son « hub » de Roissy, possède le premier aéroport européen en termes de trafic, avec encore une grande possibilité de croissance. Paris attire donc naturellement les touristes et le fait d’organiser des actions promotionnelles ponctuelles, à l’instar de certaines villes comme Vienne (« la semaine de Mozart »), ne fait que renforcer cette attractivité, sans parler du développement du tourisme urbain, avec les « city breaks » qui se développent. Tout irait donc bien ?

Paul Roll se montre prudent en mettant en exergue quelques signes d’inquiétude. D’abord, la restauration française qui semble parfois vivement concurrencée par le dynamisme de la restauration libanaise, chinoise, italienne ou espagnole. Ensuite, l’impression que nous sommes plutôt en haut de cycle et que la conjecture pourrait se retourner, avec des conséquences immédiates sur le tourisme. Enfin, la France n’a toujours pas réglé son problème de classement des hôtels qui semble anachronique et peu lisible pour la clientèle étrangère. Reste également le problème structurel d’absence de réceptif national capable de rivaliser avec les grands réceptifs étrangers.

En 2007, Paris prévoit d’accueillir 10 millions de touristes (américains, anglais, japonais, allemands, italiens, espagnols…) et environ 22 millions en 2010  (avec de nouvelles nationalités comme les chinois, les indiens, les russes). Nos structures, nos offres sont-elles adaptées à ces nouvelles clientèles ? A l’image d’Issy les Moulineaux dans les années 1970, il existe un grand projet urbain visant à transformer l’ancienne zone industrielle de Saint Denis en une zone de services et d’en faire le deuxième pôle de congrès de Paris, avec 7000 chambres. Très prometteur.

Pour en savoir plus, http://hec-tourisme.groupehec.asso.fr


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Agences de Voyages, un secteur d'activité dans la tourmente

Montée en puissance d'internet, diversification des canaux de distribution pour les offreurs de prestations touristiques, suppression progressive des commissions, leur rémunération historique: autant de défis à relever pour les agents de voyages distributeurs ...  Le groupement HEC Tourisme fait le point.


Après une brève introduction du sujet par Annick SAIMPERT (H.76 – Associée chez ESOPE, cabinet de conseil en Organisation & Systèmes d'Information spécialisé dans le secteur du Tourisme), deux  patrons du secteur ont successivement exposé les grandes lignes de leur stratégie, ceci dans leurs métiers respectifs :

·       Olivier de Nicola (H88), Président du Directoire de THOMAS COOK Voyages France, a exposé sa vision de l'avenir du Tourisme de loisirs

·       Régis CHAMBERT, Directeur Général d'AMERICAN EXPRESS Voyages d'Affaires, leader du tourisme d'affaires, a pour sa part présenté les lignes directrices de sa stratégie dans le domaine du voyage d'affaires.

Remise en cause du mode de rémunération du distributeur

Suppression des commissions versées par les compagnies aériennes aux agents de voyages, prochaine réduction des niveaux de commissions versées par la SNCF... Est-ce bientôt au tour des Tours Operators d'emboîter le pas en pratiquant des prix nets ou en faisant varier les commissions en fonction de divers critères ? Le futur modèle économique de rémunération des agences de voyages est en pleine évolution et ses conséquences pourraient chambouler la donne et le partage des rôles et des pouvoirs dans le secteur ...

Internet : menace ou opportunité ?

Nos deux intervenants restent optimistes en répondant franchement «opportunité ». En effet, même si le taux de pénétration d'internet pour les ventes de vols secs augmente régulièrement :

  • il se tasse pour les ventes de séjours, et l'e-marketing constitue un excellent levier pour générer un trafic supplémentaire dans les agences;

  • il permet de « fluidifier » les processus de réservation pour les voyages d'affaires.

La force de la marque

Gage de pérennité sur le marché du tourisme de loisirs, la marque et sa notoriété constituent l'un des arguments majeurs de la stratégie de THOMAS COOK pour s'imposer en Europe. Comme l'a rappelé Olivier de Nicola, THOMAS COOK c'est 33 marques de voyage et de tour operating à travers toute l'Europe, dont 3 en France; c'est aussi 2400 agences de voyages dont 470 en France, qui ont au total fait voyager plus de 13 millions de personnes en 2005 pour un CA de plus de 7 milliards d'euros. Encore presque inconnue en France il y a quelques années, la marque THOMAS COOK occupe désormais la sixième place en notoriété et se fait fort de gagner encore du terrain sur ses concurrents dans les années à venir en France.

La création de valeur

De son côté, Régis Chambert fait de l'intégration de l'agent de voyages d'affaires dans la chaîne de création de valeur de son client, l'axe principal de sa stratégie chez American Express. Cette extension du rôle de l'agent de voyage passe par une recherche constante de l'amélioration du niveau de service d'AMERICAN EXPRESS, notamment en proposant aux clients une prestation de conseil pour les aider à définir et mettre en )place leur politique voyage et/ou à négocier leurs conditions d'achat auprès des grands fournisseurs du marché (transporteurs, hôteliers, ...).

Parallèlement, le développement des call centers et des services en ligne améliore largement les processus administratifs (fluidité des échanges, fiabilité des données, ...), à mieux garantir une bonne application de la politique voyage du client, à fournir le niveau de reporting attendu et à garantir le juste coût à chaque transaction.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le Wiki du groupement HEC Tourisme

http://hec-tourisme.groupehec.asso.fr

Ndlr: Merci à Annick SAIMPERT (H.76), auteur de cet article.


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26 juillet 2007

Le tourisme en Inde : un fort potentiel de développement

Si l’Inde est en train de devenir un géant de l’économie mondiale, notamment dans les services, il reste beaucoup à faire pour qu’elle prenne toute sa  place dans le domaine touristique. Le groupement HEC Tourisme fait le point.

Pour aborder le développement du tourisme en Inde, nous nous sommes retrouvés tout naturellement dans les locaux de l’Office National indien du Tourisme à Paris avec 3 experts. Tout d’abord S.V Singh, Directeur de l’Office du Tourisme, qui nous a présenté les principales caractéristiques de ce pays-continent, dont le potentiel économique (+8,5% de croissance annuelle attendue entre 2007 et 2011) et touristique est énorme.

Un nain touristique

L’Inde, avec 1% du tourisme mondial, n’est que la 53ième destination touristique. Avec près de 4 millions de visiteurs (dont environ 150.000 français), l’Inde est très loin de la France, première destination avec 75 millions de visiteurs, et même de la Chine avec 45 millions de visiteurs. La seule ville de Macao fait pratiquement le double de l’Inde ! Mais, comme en Chine, les choses évoluent très vite, comme le montrent la croissance annuelle du nombre de visiteurs (+25%) et, dans l’autre sens, l’accroissement du nombre de touristes indiens (près de 6,5 millions en 2005).

Des défis gigantesques

Si le potentiel est énorme et à la mesure de la diversité culturelle de ce pays à l’histoire millénaire, 3 défis majeurs sont à relever par les autorités indiennes, tant au niveau local qu’au niveau central. C’est ce que nous a expliqué notre deuxième intervenant : Anne-Henriette de Thé, Directrice du service Incentives chez le tour opérateur Asia. Le premier défi, c’est celui de la capacité hôtelière, qui est notoirement insuffisante, avec un besoin de 100 à 300.000 chambres d’ici 5 ans, alors que l’essentiel des créations est en ce moment limitées à l’hôtellerie 5 étoiles. Deuxième défi : les infrastructures. Si L’Inde possède le 2ième réseau routier au monde, son état laisse à désirer. Là aussi, l’objectif est à la mesure de l’enjeu : construire 13.000 km de routes de 4 à 6 voies pour un investissement de 13 milliards de $. Enfin, dernier défi, la question de l’aérien, et notamment l’explosion des lignes intérieures. Le trafic est en hausse constante (+24%) et de très nombreuses compagnies privées (Air Sahara), y compris low-cost (Air deccan, Spicejet), se créent. Près de 200 avions ont ainsi été commandées par des compagnies indiennes entre 2005 et 2006.

Une réussite indienne

Notre troisième intervenant, Pierre-Eric Rémoleux, Directeur général France, Belgique et Suisse de la chaîne Oberoi Hotels & Resorts, nous a présenté une vraie « succes story ». D’abord modeste portier, puis concierge, M. Oberoi a créé son premier hôtel en 1934. Il est maintenant à la tête d’un groupe multi-activités, dont le pôle tourisme regroupe 19 hôtels de luxe à l’enseigne Oberoi, 10 hôtels Trident, 5 bateaux de croisières. La stratégie d’Oberoi vise la qualité plutôt que la quantité, en privilégiant les hôtels en propriété. Leader sur son marché domestique, le groupe a décidé de se développer à l’international, notamment au Moyen-Orient et en Asie, en ciblant la clientèle internationale. Un exemple : l’hôtel Oberoi situé aux Maldives ne reçoit que 1% des clients en provenance de l’Inde. C’est une nouvelle preuve du dynamisme de ce pays et de ses entrepreneurs, dont on a n’a pas fini d’entendre parler…

Pour en savoir plus, http://gpt-hec-tourisme.groupehec.asso.fr/


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